Le FRACA aura l’honneur d’accueillir une prestigieuse invitée le 18 mars prochain. En effet, Edyta Roszko, chercheuse en anthropologie sociale et professeur à la Chr. Michelsen Institute en Norvège, sera parmi nous. Elle viendra présenter les résultats de ses recherches, qui seront publiés dans un livre à venir intitulé When Water Binds the World: Global Hydroconnectivities and Making of Planetary Histories. Venez nombreux pour écouter une véritable passionnée, pour qui le Vietnam est un laboratoire de réflexion sur le monde et la planète.
Titre de la présentation
When Water Binds the World: Global Hydroconnectivities and Making of Planetary Histories
Résumé de la présentation
Considérant le Vietnam comme un « laboratoire théorique pour le monde » (Salemink 2019), cette conférence aborde des questions urgentes à la croisée des histoires autochtones, de la pensée planétaire et de la politique de l'eau, des enjeux qui trouvent un écho particulier dans le contexte de l'accélération du changement climatique et de la pénurie mondiale d'eau. Les communautés côtières et insulaires du Vietnam et d'ailleurs sont parmi les plus vulnérables à l'élévation du niveau de la mer, à l'intrusion d'eau salée et à la modification des régimes hydrologiques. Pourtant, les discours dominants sur la connectivité et l'histoire mondiale continuent de privilégier les océans en tant qu'autoroutes commerciales abstraites, négligeant les infrastructures socio-matérielles – telles que les puits d'eau douce ou les réservoirs d'eau – qui ont rendu possibles la mobilité et la survie. À mesure que le changement climatique s'intensifie, la compréhension de ces temporalités et pratiques hydrologiques entremêlées n'est pas seulement un exercice académique, mais une intervention critique. Elle nous oblige à repenser l'avenir de la planète à travers le prisme des épistémologies autochtones et des infrastructures matérielles qui ont longtemps soutenu la mobilité, les échanges et la résilience.
Courte biographie
Edyta Roszko est professeure-chercheuse et anthropologue sociale à l'Institut Chr. Michelsen et professeure invitée en histoire mondiale et droits humains à l'université de Lund (2026-2028). Son expertise est ancrée en Asie de l'Est et du Sud-Est, mais se caractérise par une perspective mondiale et un engagement théorique visant à comprendre comment les sociétés font face à la précarité économique et climatique à une époque où l'interdépendance mondiale s'intensifie.
Ses intérêts intellectuels plus larges comblent le fossé conceptuel entre la terre et la mer, en examinant les océans, la mobilité, les migrations et les transformations écologiques – y compris le changement climatique et l'élévation du niveau de la mer – à travers leurs profondes interactions historiques et contemporaines. Elle est l'auteure de Fishers, Monks and Cadres: Navigating State, Religion and the South China Sea in Central Vietnam, publié par les Presses de l'université d'Hawaï. Elle travaille actuellement sur son deuxième ouvrage, When Water Binds the World: Global Hydroconnectivities and the Making of Planetary Histories, qui examine les interactions entre les fluctuations du niveau de la mer au cours de l'Holocène, la colonisation des îles austronésiennes et la crise climatique contemporaine d'un point de vue anthropologique.



