Le FRACA récidive avec une autre invitée de calibre international. Le 22 avril prochain, nous aurons le plaisir d’accueillir Sarah Turner, géographe à l’Université McGill. Sarah est une spécialiste des communautés ethniques minoritaires dans les zones frontalières sino-vietnamiennes. Pour l’occasion, elle nous présentera ses récents travaux sur les projets de l’État vietnamien de « modernisation » du mode de vie rural des agriculteurs des régions frontalières du nord du Vietnam. Venez en grand nombre écouter une autre véritable passionnée par le Vietnam.

 

Titre

Au nom de la « modernisation » : les formes insidieuses de violence infrastructurelle dans les régions frontalières du nord du Vietnam.

 

Résumé de la conférence

Dans les régions frontalières du nord du Vietnam, les agriculteurs issus des minorités ethniques tentent de composer avec les efforts déployés par l’État vietnamien pour exercer son contrôle et intégrer ces zones montagneuses dans des projets de « modernisation ». L’État vise notamment à remodeler les moyens de subsistance et les ressources rurales locales par le biais de nombreux programmes d’infrastructure. Alors que les chercheurs se sont intéressés à des projets d’infrastructure visibles, tels que les barrages et les autoroutes, ailleurs dans le massif de l’Asie du Sud-Est, je me concentre sur des initiatives étatiques moins documentées : les programmes de semences hybrides, la gestion des parcs nationaux, la modernisation des marchés et les politiques « modernes » relatives aux villages ruraux. En m’appuyant sur la littérature critique relative aux infrastructures, j’examine l’impact de ces programmes étatiques sur les moyens de subsistance des minorités ethniques. Alors que l’État semble réussir à « moderniser » la région à bien des égards, je mets en évidence la manière dont les agriculteurs issus des minorités ethniques s’adaptent, résistant subtilement aux initiatives de l’État lorsque celles-ci ne sont pas en phase avec les besoins locaux en matière de subsistance. Je plaide pour qu’une attention accrue soit portée à la manière dont ces projets étatiques perpétuent une violence infrastructurelle insidieuse dans le Massif.

 

Présentation de la conférencière

Sarah Turner est professeure au département de géographie de l'université McGill ; originaire d'Aotearoa (Nouvelle-Zélande), Sarah a conservé son accent distinctif. Ses recherches portent sur la manière dont les personnes marginalisées sur le plan économique, politique ou ethnique gagnent leur vie dans les zones rurales et urbaines d’Asie. Elle a beaucoup travaillé avec les communautés ethniques minoritaires dans les zones frontalières sino-vietnamiennes, s’intéressant particulièrement à la manière dont les agriculteurs réagissent aux programmes agricoles et aux projets d’infrastructure qui ne correspondent pas toujours aux besoins locaux. Elle étudie également les moyens de subsistance dans l’économie informelle et les tactiques de résistance à Hanoï, et auparavant dans l’est de l’Indonésie. Sarah a publié plus de 100 articles, co-écrit Frontier Livelihoods: Hmong in the Sino-Vietnamese Borderlands avec les professeurs Christine Bonnin et Jean Michaud (Univ. of Washington Press), rédigé ou édité plusieurs autres ouvrages et, jusqu’à ce qu’elle décide de courir des ultra-marathons et doive donc renoncer à certaines activités, était rédactrice en chef de Geoforum. À travers ces travaux, elle allie une attention ethnographique minutieuse à un vif intérêt pour les points de rencontre délicats entre les ambitions de l'État et la vie quotidienne.

 

Photos événement
Date
Heure
15h30
Emplacement
DKN-5128